Tendresse de la lumière : alternance d’actes et de pensées. Voici le mouvement, qui cède la place habilement aux gestes de la paternité. *** Veiller ! Créer le geste apte aux nuances inattendues de la lumière… *** Bondir dans la lumière, ce pays où la...
Le corps fatigué : le sujet du poème. Comme si le marbre se désagrégeait, comme si le sculpteur nommait la poussière. Comme si les mots de celui qui tient le crayon s’éloignaient ne correspondaient pas aux couleurs refusaient l’expression s’enfermaient...
Bouton de rose dressé tout en haut de sa longue tige seul parmi les arbustes dépouillés. Dans le jardin de l’hiver il attend l’éclosion mais d’abord le cri des plantes. Lasses sous un ciel laiteux patientes dans le froid abandonnées dans leur humilité...
Ce parfum m’imprègne, comme si l’histoire de la femme et l’homme entrait dans ma pensée, dans mon imagination, dans mon corps… Ils sont allés très loin dans l’atmosphère qui les unit. Pendant la nuit, elle a, conformément à sa nature, grandi immensément,...
Voir le silence. Nous avons besoin de voir le silence. Il est ici, à nos côtés, il nous attend et nous n’en faisons cas, dissimulé comme il l’est par tant de bruits et de mouvements. Agitation, dispersion, rideaux noirs et épais : c’est en moi qu’ils...
engendrements on les devine on les voit on est dans le noir le noir condition des engendrements aperçu des commencements entre nuit et jour reconstruction apparence d’ombre laisser l’ombre se répandre elle protège s’enfouir dans la nuit qui étreint se...
Fatiguée la lecture autre versant de on effort de montée au dehors pas à l’intérieur – besoin de précision – et pas de paysage aucune montagne juste un versant inconnu fatigue qu’un autre exige comment perdre le temps avec un débat qui vient de dehors...
Façades rien ne peut éviter l’écroulement. Comme un chœur qu’on empêche de chanter. Comme un geste qui semble dire générosité et s’en va libérant une voix insupportable voix qui interdit l’expression sous prétexte d’harmonie harmonie qui se ruine elle-même...
colère inutilité en un mot : vanité un rien de son et de vue confirme vide extérieur autant qu’intérieur on ne peut rien exprimer on ne peut rien entendre ni source ni réponse si un visage recherche l’attention on n’y croit pas tout ce qui tente de se...
le cœur l’écriture de lasse à lumineuse dans une même phase obscurité espérance personne n’a quitté le noir il est la matière d’espérance dans la matière écriture tourmentée inachevée au début autant que vers la fin parce qu’inachevée écriture espérance...
on croyait tenir un talent dans les doigts être illuminé par une pensée universelle. Sourires entendus. Les apparences sont à jamais vaines. Corrections impossibles convaincues d’être inutiles convictions qu’on se rappelle à peine l’écriture en ce temps-là...
un doute comme une semence instant d’obscurité ouvre sa porte à un langage d’espérance traversant le noir il commence à se prononcer passage encore difficile persiste comme dans un creuset se constitue en nouveau-né là où l’on ne voyait plus rien surgir....
On bien observé esquisse tentative de lien essai de réunion. Échec n’est pas celui d’isolement mais de nouveauté collective aux apparences d’ombre, et, reconnaissons-le, ce n’est pas beaucoup plus que rien pourtant aucun doute : elle évoque plusieurs...
Ce qui reste c’est le tas. Les mots ne sont plus identifiables ils se sont détruits l’un l’autre il n’y a que le rien un tas rien que le rien on veut le rejeter ce tas encombrant et on peut en remplir un sac le charger sur des épaules c’est si lourd un...
On ne connaît pas l’attente rien n’est là, devant, la main qui écrit choisit ce qui s’impose à elle chose sans progrès sans succession sans évolution pourquoi le poète se complait-il dans des fragments de boue c’est elle qui le submerge lui s’il pouvait...
…et les mots se succèdent, s’affirment tout en se niant confirment le ridicule qu’ils produisent. Ils sont nombreux semblent construire un bâtiment absurde. Bâtir l’absurde ! Nous y sommes. De quelque côté que nous nous tournions nous parvenons à un point...
Est-ce que je cherche quelqu’un ? Est-ce qu’à ma question ne répondent que de vagues identités ? Est-ce que je m’y accroche ? Ou n’est-ce qu’inconsistance ? Matière écroulée que je ne peux d’aucune manière saisir ? Le monde qui vient après ? Après quoi...
Matière évolue blessure éternité, évolue mort sur la terre lumière. Matière évolue faiblesse humanité, évolue néant sur la terre lumière. Matière évolue pensée lumière, évolue sagesse merveille de la terre.
Matière prend les corps jusqu’au bout fait de l’un matière de l’autre matière substantiellement. Matière : chacun l’un : l’autre l’autre : l’un un tout commun unique pas besoin de parole jamais autant : un seul. Multiples sans division disparaît matière...
Matière éclaire la clarté, entrevue de l’humanité avec la nature, flamme qui libère. Matière dans le sein de la flamme dans le sein de l’or, infini présent de la clarté. Matière éclaire la terre, infinie clarté des créatures chasteté de l’or.
Matière répond sans cesse lumière, lumière se répand sans cesse matière, toutes deux, qui ne font qu’une. Matière élevée reçoit son hôte, reçue par son hôte, tous ses hôtes, qui ne font qu’un. Matière perdue dans un corps et dans l’autre, retrouvée lumière...
Il y a aussi un corps mort échéance de la matière. Il y a aussi une mort revanche de la lumière. Dans la mort s’éclaire au plus haut point la semence. Dans la mort se poursuit lumineuse la matière. Dans la terre se cache tel un cadeau la matière. Dans...
Matière va et vient libre dépend de son origine me laisse et en moi tout s’accomplit. Matière je ne sais où elle est heureusement s’occupe-t-elle ailleurs car en moi tout s’accomplit. Matière s’approprie le temps l’espace cultive la parole dont j’hérite...
Matière traverse la mort, et revit sous mille formes de lumière détachée inattendue transparente. Matière d’après qui n’est plus que lumière. Lumière de toujours qui n’est plus que matière. Lumière ou matière irradie plus que soi, douceur, et finesse,...
Matière lumière en crainte en dispersion blessure non morte bien sûr vive ! Matière douleur maladresse voulue fièvre reçue insomnie soutenue Matière comme une offre comme une porte lueur aperçue rupture possédée pour le futur.