• La nuit de maintenant

    est dans la ville

    juste une suggestion.

    La nuit de maintenant

    ne force pas au sommeil.

    Elle est comme un éveil

    qui attend, qui demande,

    elle pose

    une espèce de question,

    la nuit de maintenant.

     

    Elle berce,

    et ne somnole pas.

    Elle semble inquiète,

    et ne connaît pas l’angoisse.

    On dirait une sorte de jour,

    mais pas plus qu’une aube.

    Elle est apparence,

    commencement,

    geste inachevé,

    la nuit de maintenant.

     

    Oserait-elle

    rentrer chez elle,

    oserait-elle

    aller se coucher,

    elle ne le pourrait pas

    probablement,

    elle ne saurait se reconnaître.

    Dans sa pâleur elle se tient

    presque debout,

    la nuit de maintenant.

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  • Notre silence aujourd’hui est aussi un silence du monde. Une sorte d’ignorance prévaut. Une incapacité d’unir. Un défaut de passion.

    Nous ne savons même plus jouir de ce qui nous a mis ensemble. Pourtant, dans notre existence commune, nous ne voudrions pas quitter cette tristesse. Ceux auprès de qui elle nous place nous sont tellement semblables.

    Notre silence même s’avère nécessaire, expérience, en miniature mais réelle, d’un peuple condamné. Nous sommes au seuil de ce qu’ils n’ont pas choisi.

    Avançons, profitons de ces minutes où notre présence est encore consciente. Elle est ce qu’ils réclament. L’on ne donne que ce que l’on perd. Le silence du monde est venu habiter chez nous.

     

    ***

     

    Paroles incontrôlées, tâches inachevées, présence différée : le temps de l’ignorance établit son silence.

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  • Comment peut-on avoir pour repère un point abandonné ? C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit dans notre aventure, et plus encore : un visage défiguré.

    Il est la certitude de notre silence, la clarté de notre vie quotidienne, la voie de nos multiples rencontres.

    Il est l’élan qui me projette, sans hésitation, loin de mes occupations, vers quelqu’un qui m’appelle.

    Lorsque je me retire avec lui, il en attire d’autres, et au milieu de nous il brille d’un éclat qui réjouit quiconque ne le connaissait pas.

    En période de calme plat, je passe du temps avec lui et nous devenons semblables à ceux qui l’ignorent. De cette grisaille que chacun de nous choisit, se lève l’homme qu’ils attendent.

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  • Dans le pardon je me suis abaissé et élevé. Nous avons poursuivi notre route. De mon côté, après le rétablissement de ce repère, libre de tous les cadeaux reçus, de notre expérience même, j’ai répondu un oui immédiat à une proposition de jeu imprévue. Ce moment au contenu sans importance ouvrait la porte à la présence que nous avions décidé d’engendrer à nouveau à chaque instant. Oubli inconscient, tout mon être se tourne vers les autres joueurs jusqu’à devenir eux. Notre aventure a des airs de divertissement. Liberté de cette présence, ou liberté de notre amour, l’une engendre l’autre et réciproquement. Un lien, un don toujours plus réel, s’ensuit. Se rendre au pardon est un mouvement qui porte de nombreux noms, liberté, relation, bonheur, entre autres. Je me soumets à leur influence. Renoncer à les posséder, c’est les donner à tous. Naissance : la vérité s’est faite homme.

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  • Nous sommes à la croisée des chemins, où des souffles identiques mais de forces contraires cherchent à nous séduire et nous séparer. Ils ne sont pas de l’origine, ils ne peuvent être de l’avenir. Mais ils imitent la lumière et nous pouvons nous laisser tromper, surtout lorsque notre domaine demeure dans la pénombre.

    Ces vents lumineux nous attirent avec finesse, comme s’ils étaient doués d’intelligence. Grossiers, nous les rejetterions de suite. Ils se disent de notre parenté et se mettent à notre disposition. Mais nous choisissons à nouveau nos champs en demi-teinte, nos terres de dépossession, nos distances qui rapprochent.

    Chez nous, car c’est bien de cela qu’il s’agit, le vent dans sa douceur souffle beaucoup plus fort. Nous voyageons sans cesse, inséparables mais sans besoin de l’être. Dans l’écartèlement des carrefours, nous reconnaissons la sérénité clarifiante de notre origine.

     

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