• Lorsqu'une parole

    Lorsqu’une parole se met en marche

    elle quitte son pays

    avec force.

    Elle se fraie un chemin

    calmement

    parmi des mots

    qui s’organisent comme des obstacles.

     

    Ils ne sont pas de sa nature.

    Elle vient d’un souffle

    qui se soumet

    et sème

    la révolte.

    Eux, ils s’imposent

    et se perdent.

    Peu à peu ils sont oubliés

    comme un pouvoir qui s’anéantit lui-même.

    Aucun écho de leur passage.

     

    Parole paradoxale

    elle se tait

    et transmet son patrimoine.

    Elle avance dans l’inconnu,

    elle vit

    parce qu’elle parle,

    elle donne

    parce qu’elle vit.

    Dépendante de la vie

    elle s’en va au loin

    très sûre et très risquée.

     

    Comment aurait-elle quelque chose à dire

    si elle n’était pas risquée ?

    Comment pourrait-elle être certaine

    si elle n’était pas aventureuse ?

    Parole hasardeuse

    plus fructueuse que la stabilité.

    Parole qui entraîne,

    jamais ne s’arrête.

    Parole qui ne possède rien

    sauf

    une précieuse pauvreté.

     

    N’évoquent sa richesse

    que les pauvres précieux comme elle,

    les enfants chers à sa pensée.

    Ils la suivent

    dans les contrées qu’elle explore,

    dans les ciels,

    de très haut ou de très bas,

    qui se rencontrent,

    dans les pensées

    séparées ou unies

    qui portent son nom.

     

    Elle est parole qui voyage

    et se tient immobile,

    souffle qui bouscule

    et aère sa maison,

    existence

    qui, parce qu’elle est mort,

    jusque dans la mort

    vit !

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :